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LA PEUR EST DEVENUE UNE MONNAIE.

8 sept.
2 min de lecture

Je pense que nous sous-estimons profondément la place que la peur a prise dans notre monde. Elle n’est plus seulement une émotion déclenchée lorsqu’un danger arrive : elle est devenue un formidable moteur d’attention, de consommation et de pouvoir. Un être humain inquiet regarde davantage, clique davantage, cherche davantage d’informations, achète davantage pour se rassurer et accepte parfois plus facilement qu’on lui dise ce qu’il doit faire pour être en sécurité. La peur capte notre énergie et notre attention, et aujourd’hui, l’attention a une valeur économique immense.

Regardez simplement le rythme auquel nous vivons. Une menace disparaît à peine de notre champ mental qu’une autre prend sa place. Covid. Guerre. Inflation. Canicules. Sécheresse. Orages. Incendies. Courants marins. Nouvelle maladie possible. Nouvelle crise économique. Nouveau conflit potentiel. Je ne dis pas que ces réalités sont inventées. Je dis que leur répétition, leur anticipation permanente et leur mise en scène peuvent maintenir des millions de personnes dans un état d’alerte presque continu.

Et le plus puissant n’est même plus de nous faire peur avec ce qui EST. C’est de nous faire vivre émotionnellement ce qui pourrait être. Plusieurs semaines ou plusieurs mois avant, le scénario commence à circuler. On l’analyse. On le répète. On l’imagine. On demande : « Et si… ? » Et notre cerveau commence déjà à habiter cette réalité possible. Le corps, lui, ne fait pas toujours la différence entre le danger présent et celui que nous nourrissons mentalement chaque jour.

Voilà pourquoi je crois que le véritable enjeu spirituel de notre époque est le discernement. Pas le déni.

Il ne s’agit pas de prétendre que les guerres n’existent pas, que le climat ne change pas ou que les maladies sont imaginaires. Il s’agit de comprendre qu’un événement réel et la peur construite autour de cet événement sont deux choses différentes.

Car la peur fait vendre.
La peur fait cliquer.
La peur fidélise l’attention.
La peur pousse à chercher une autorité qui rassure.
Et surtout, la peur consomme une quantité phénoménale de notre énergie intérieure.

Pendant que nous avons peur de demain, nous ne sommes plus totalement présents aujourd’hui.

C’est peut-être là que commence une autre forme d’éveil : reprendre la souveraineté sur notre attention. Choisir ce que nous laissons entrer dans notre conscience. Vérifier avant de croire. Observer avant de réagir. Refuser de vivre six mois à l’avance une catastrophe qui n’a peut-être jamais lieu.

Parce qu’un peuple qui vit continuellement dans l’attente de la prochaine peur finit par oublier une chose essentielle : il possède encore le pouvoir de choisir où il met son attention.

Et dans le monde qui vient, protéger son énergie ne consistera peut-être pas seulement à se protéger des personnes « toxiques ». Cela consistera aussi à savoir reconnaître qui et quoi se nourrit de notre peur.

Qu'en pensez-vous ?

Gene Keys Guide

LEctrice d'âme

 
 
 

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