Disclosure Day : et si la véritable divulgation n'était pas celle que l'on croit ?
- oanamartins2007

- il y a 1 heure
- 5 min de lecture

Je vais être honnête.
Pendant une bonne partie du film Disclosure Day, je me suis ennuyée.
Le rythme est lent. Les scènes s'étirent. Les détails s'accumulent. Les personnages peinent à susciter une véritable émotion. À première vue, on pourrait croire que le réalisateur et son équipe sont passés à côté de quelque chose.
Mais plus je regardais, plus une autre lecture s'imposait à moi.
Et si le véritable film n'était pas celui qui se déroule à l'écran ?
Et si l'objectif n'était pas de raconter une histoire captivante, mais de préparer le terrain à une idée ?
Car lorsque je regarde ce film au niveau subtil, je ne ressens pas une œuvre de science-fiction. Je ressens une énergie mentale qui travaille la conscience du spectateur. Une forme d'inception. Une insémination psychologique progressive d'un récit destiné à devenir acceptable.
Du « nous ne sommes pas seuls » à « ils sont déjà là »
Pendant des décennies, le grand public a été préparé à l'idée que nous ne sommes probablement pas seuls dans l'univers.
Et objectivement, personne ne peut réellement contester cela.
Mathématiquement, compte tenu du nombre de galaxies, d'étoiles et de planètes, l'hypothèse d'autres formes de vie paraît raisonnable.
Mais le film ne s'arrête pas là.
Il effectue un glissement beaucoup plus important.
On passe progressivement de :
« Il existe peut-être d'autres formes de vie dans l'univers »
à
« Des extraterrestres sont présents physiquement sur Terre. »
Puis à :
« Ils interagissent avec les humains depuis longtemps. »
Puis à :
« Ils sont liés à l'éveil spirituel de l'humanité. »
Puis à :
« Certains humains possédant des dons particuliers ont été influencés par eux. »
Et c'est là que je trouve le mécanisme fascinant.
En mathématiques, cela ressemble à une propriété de transitivité :
Si A = B
et que B = C
alors A = C.
Le spectateur accepte progressivement plusieurs propositions intermédiaires et finit par accepter une conclusion qu'il n'aurait peut-être jamais acceptée si elle avait été présentée directement dès le départ.
Pourquoi cibler les personnes sensibles ?
L'un des éléments les plus intéressants du film concerne les personnes qui auraient été en contact avec ces intelligences.
Ce ne sont pas n'importe quels individus.
Ce sont des personnes hypersensibles. Empathiques. Intuitives.
Souvent marquées par une enfance douloureuse ou par des trous de mémoire.
Or ici, le film s'appuie sur quelque chose de réel.
Nous savons que les traumatismes peuvent provoquer des amnésies partielles.
Nous savons aussi que de nombreuses personnes ayant traversé des épreuves profondes développent une grande intuition, une forte sensibilité ou des capacités inhabituelles de perception.
C'est un fait psychologique connu.
Mais le film effectue ensuite un autre glissement.
Il suggère que ces capacités pourraient provenir d'interventions extraterrestres.
Encore une fois, le mécanisme est subtil.
A est vrai. B est vrai. Donc le spectateur est invité à conclure que C est vrai.
Pour moi, c'est précisément là que réside l'opération psychologique.
Parce que ce sont justement les personnes sensibles qui pourraient le plus facilement percevoir certaines incohérences du récit collectif. Alors on leur propose un nouveau récit capable de capturer leur attention.
Les extraterrestres comme nouvelle figure du sacré
Depuis des décennies, certaines théories et récits ésotériques évoquent l'éventualité d'une mise en scène mondiale destinée à influencer les croyances spirituelles de l'humanité.
Aujourd'hui, j'ai l'impression que le récit évolue.
Le personnage central n'est plus nécessairement un Dieu. Il devient une intelligence extraterrestre avancée. Une présence supérieure. Une conscience plus évoluée. Une forme d'autorité cosmique.
Le film semble participer à ce déplacement symbolique.
L'humain n'est plus présenté comme souverain de son évolution. Il devient l'élève. L'assisté. Celui qui reçoit. Celui qui doit être guidé.
Et c'est là que mon discernement s'active.
Car chaque fois qu'un récit nous présente une intelligence supérieure venue nous sauver, nous élever ou nous expliquer qui nous sommes, une question mérite d'être posée : Que devient alors notre propre souveraineté ?
Le thème de l'insertion de conscience
Un autre élément m'a profondément interpellée.
Le film présente une technologie permettant à une conscience extérieure de prendre place dans le corps ou la psyché d'un être humain.
Les dialogues l'enrobent d'un vocabulaire positif. Comme une évolution. Comme une aide. Comme une amélioration.
Mais lorsque l'on retire les mots rassurants, ce qui est montré ressemble davantage à une forme d'intrusion dans l'identité (walk in voir possession).
À plusieurs reprises, le film semble normaliser l'idée qu'une conscience extérieure puisse intervenir dans la structure intérieure d'un être humain. Pour moi, cette symbolique mérite d'être observée avec attention. Parce qu'elle touche directement à la question de la liberté de conscience.
La scène finale : le véritable message ?
La scène finale est probablement celle qui m'a le plus marquée. Des foules entières sont devant leurs écrans. Téléphones. Télévisions.
Diffusions massives. Images présentées comme des preuves. Médias apparemment indépendants diffusant simultanément le même récit. Et tout le monde regarde. Sans véritable recul. Comme hypnotisé.
Cette scène est fascinante lorsque l'on pense à notre époque.
Nous vivons dans un monde où les images générées par intelligence artificielle envahissent déjà les réseaux sociaux. Un monde où les vidéos peuvent être fabriquées. Un monde où les faux deviennent de plus en plus crédibles. Et pourtant, dans le film, la simple diffusion d'images suffit à créer une adhésion collective quasi instantanée.
C'est peut-être là le message le plus intéressant. Non pas la divulgation. Mais le consentement.
Mon invitation
Je ne vous demande pas de croire mon interprétation. Je ne vous demande pas davantage de la rejeter. Je vous invite simplement à observer. À ressentir. À exercer votre discernement.
Lorsque vous regardez un film, ne regardez pas seulement ce qu'il raconte. Observez aussi ce qu'il cherche à rendre normal. Observez les idées qu'il répète. Les associations qu'il crée. Les émotions qu'il déclenche. Les conclusions qu'il vous pousse à construire vous-même.
On a déjà tenté de nous faire avaler plusieurs pilules au fil des années : la peur des virus, la peur de la guerre, la peur de l'effondrement et du chaos (toutes relatées dans ce film). Et lorsque certaines narrations ne produisent plus les effets escomptés, une nouvelle histoire apparaît à l'horizon.
Aujourd'hui, certains semblent vouloir nous faire avaler la pilule des « extraterrestres ».
Car le véritable pouvoir d'une narration ne réside pas dans ce qu'elle affirme. Il réside dans ce qu'elle parvient à faire accepter. Une idée répétée suffisamment longtemps finit par s'installer dans l'inconscient collectif, non parce qu'elle est vraie, mais parce qu'elle devient familière.
Et plus que jamais, dans une époque saturée d'informations, d'images, de technologies et de récits concurrents, notre responsabilité n'est pas de croire ou de ne pas croire.
Notre responsabilité est de rester conscients. De rester souverains. D'observer sans naïveté mais aussi sans peur. Et de ne jamais abandonner notre discernement à une histoire, aussi séduisante, spectaculaire ou fascinante soit-elle.
Oana Martins




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