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𝐓𝐮 𝐧'𝐚𝐬 𝐩𝐚𝐬 𝐥𝐞 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝'𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐚̀…


𝐓𝐮 𝐧'𝐚𝐬 𝐩𝐚𝐬 𝐥𝐞 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝'𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐚̀… » : 𝐥𝐞 𝐯𝐨𝐲𝐚𝐠𝐞 𝐚𝐬𝐭𝐫𝐚𝐥 𝐝𝐨𝐧𝐭 𝐣𝐞 𝐧𝐞 𝐝𝐞𝐯𝐚𝐢𝐬 𝐩𝐫𝐞𝐬𝐪𝐮𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫


Il m'arrive, de temps en temps, de vivre des voyages astraux. Je ne sais toujours pas comment les provoquer. Ils arrivent sans prévenir, lorsque le mental est complètement silencieux. Je m'endors comme tout le monde… puis, à un moment, ma conscience semble simplement se retrouver ailleurs. Cette nuit-là, je me suis retrouvée dans un lieu qui ne ressemblait à rien de ce que je connais.

L'architecture était étonnante, à la fois épurée et futuriste, composée de formes fluides qui semblaient presque vivantes. Ce qui m'a immédiatement intriguée, c'est que je voyais parfaitement l'intérieur d'une immense salle… alors que je me trouvais à l'extérieur. Il n'y avait pourtant ni porte, ni fenêtre, ni la moindre ouverture. Les murs étaient entièrement lisses, mais ils ne m'empêchaient pas de voir ce qui se passait à l'intérieur.

Plusieurs êtres étaient réunis autour de ce qui ressemblait à une grande assemblée. La plupart avaient une apparence humanoïde, mais aucun ne ressemblait totalement à un humain. Certains avaient le crâne entièrement rasé, recouvert de tatouages complexes. D'autres possédaient un crâne plus allongé, avec des traits d'une finesse inhabituelle. Ils semblaient discuter avec beaucoup de calme, comme si quelque chose d'important était en cours.

Je les observais discrètement, persuadée d'être invisible. Puis l'un d'eux tourna lentement la tête dans ma direction. Son regard croisa le mien. À cet instant, j'ai compris qu'il m'avait vue. Il s'approcha sans agressivité, mais avec une autorité tranquille, et me dit simplement : « Tu n'as pas le droit d'être là. »

Cette phrase m'a immédiatement fait sourire intérieurement. Ce n'était pas la première fois que je l'entendais au cours d'un voyage de conscience. À croire que j'ai une certaine tendance à aller explorer les endroits où je ne suis pas censée mettre les pieds… ou peut-être simplement une curiosité qui dépasse parfois les limites autorisées.

Pourtant, cette fois, je n'avais aucune envie de repartir. Je voulais comprendre ce qui se déroulait dans cette salle. J'ai commencé à chercher une entrée… sans succès. Il n'y avait absolument aucune ouverture. Alors, presque instinctivement, j'ai posé mes mains contre le mur et j'ai commencé à pousser. À ma grande surprise, la matière s'est mise à s'étirer sous la pression, exactement comme une membrane souple ou un sac plastique que l'on tend sans le déchirer. J'ai continué à avancer jusqu'à percer cette étrange surface… et je suis simplement passée au travers du mur.

À peine entrée dans la salle, plusieurs regards se sont tournés vers moi. Personne ne semblait surpris. J'ai même eu l'impression qu'ils savaient déjà que je finirais par trouver un moyen d'entrer. L'atmosphère était incroyablement paisible, presque solennelle.

Puis l'un des êtres s'est adressé directement à moi avec beaucoup de calme : « Tu peux assister à cette réunion… mais sache que ta mémoire sera filtrée lorsque tu repartiras. »
Cette phrase est probablement celle qui m'a le plus marquée. Car au réveil, il ne me restait effectivement que quelques images très nettes, des sensations extrêmement précises… et l'intuition profonde qu'une partie de ce que j'avais vu avait disparu. Comme si certains souvenirs étaient restés de l'autre côté.

Je ne prétends pas savoir ce qu'était ce lieu, ni qui étaient ces êtres. Était-ce une construction de mon inconscient ? Une expérience intérieure ? Un voyage de la conscience ? Chacun est libre d'y voir sa propre interprétation. Pour ma part, je me contente d'observer ces expériences avec curiosité. Car, au fond, ce qui me fascine le plus n'est pas tant ce que j'y découvre… mais le fait que, parfois, j'aie la très étrange impression que certaines portes s'ouvrent… avant de se refermer doucement, en ne laissant derrière elles qu'un souvenir volontairement incomplet.

 
 
 

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